Les Meilleurs Whiskies Tourbés


Le whisky tourbé fait partie de ces alcools qui ne laissent personne indifférent. Certains adorent ; et les vrais amateurs n’en démordent pas, les meilleurs whiskies tourbés sont une des expériences gastronomiques les plus intenses. Dans un domaine aussi subjectif que le goût, il n’est pas facile de désigner précisément ceux qui constituent le palmarès des meilleurs whiskies tourbés. On pourrait se fier aux grands prix décernés, mais ils ne reflètent pas toujours la popularité, la disponibilité, ou le rapport qualité-prix d’une bouteille. On pourrait alors mesurer cette qualité aux meilleures ventes ; ce serait passer à côté de quelques perles, produites en petites quantités, qui méritent pourtant d’être connues.

Alors sans prétendre que cette liste est exhaustive ni que nos distinctions seront les mêmes que tout le monde, nous avons établi que ces huit whiskies tourbés étaient, à leur manière et dans leur catégorie, les meilleurs. Pour qui ? Pour quelqu’un qui voudrait découvrir le goût si particulier de cet alcool riche et fumé sans mauvaises surprises – ou se faire une mauvaise idée. Pour un amateur voulant élargir son horizon. Ou encore, et c’est très probable, pour faire un cadeau sans complètement se tromper.


Les points essentiels sur les whiskies tourbés

  • On distingue, dans les whiskies tourbés, le goût de fumée et le goût de tourbe, qui sont complémentaires mais pas exclusifs. Un whisky peut être très tourbé et peu fumé, et inversement.
  • Traditionnellement, les whiskies tourbés sont distillés sur les îles au large de la côte ouest écossaise – et ce sont les plus reconnus -, cependant de rares productions peuvent être aussi trouvées en France, au Japon ou encore aux États-Unis.
  • Pour un cadeau de base qui plaira à coup sûr, prévoyez entre 40 et 50€. Pour un cadeau plus prestigieux, vous pouvez offrir un Islay – Lagavulin, Bowmore, Caol Ila – entre 70 et 110€.

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Les meilleurs whiskies tourbés


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Talisker 10 ans d’âge – Le meilleur whisky tourbé écossais pour découvrir

  • Rapport qualité-prix
  • Consensuel
  • Équilibré
  • Pas le plus puissant

Quand on parle de whisky tourbé, surtout en-dessous de la barre symbolique des 50€, le Talisker 10 ans d’âge revient sur toutes les lèvres. Et pour cause : si ce n’est ni le whisky le plus original, ni le plus tourbé, ni le plus puissant, il constitue une sorte de mètre étalon qui permet à beaucoup d’amateurs de faire leur premier pas dans cet univers gustatif. Sa recette originale et ses méthodes de fabrication, quasiment inchangées depuis le 19è siècle, en font une valeur sûre et une très bonne porte d’entrée pour découvrir le whisky tourbé.

La distillerie

La distillerie Talisker est la plus vieille de l’île de Skye et la dernière encore en activité sur ce bout de rocher au large de la côte ouest de l’Écosse. Sur cette île sublime qui attire de nombreux visiteurs pour ses paysages tourbeux et son climat spectaculairement capricieux, Talisker est implanté depuis 1830 et perpétue les méthodes de fabrication traditionnelles.

La tourbe provient de l’île même, ce qui confère à son whisky tourbé une saveur unique, distincte et très prisée. Ils continuent d’enseigner le savoir-faire artisanal, comme le washback, ou encore la condensation du whisky par une série de tubages à l’extérieur de la distillerie, naturellement refroidis par l’air écossais.

On vous encourage à jeter un oeil à ces installations presque deux fois centenaires, qui présagent d’un whisky tourbé d’exception.

Nez et saveur

La particularité du Talisker 10 ans d’âge, c’est sa fraîcheur et son parfum puissant et léger au nez. Ce whisky tourbé donne d’abord des accents de poire, ou de pelure de pommes, sous une fumée épaisse et poignante. C’est alors davantage la fumée – sèche, moins riche – qui ressort au nez que la tourbe.

Cette-dernière se révèle sur le palais, où elle apparaît presque résineuse et poivrée, avec une touche d’eau de mer et de malt sec. C’est l’intensité et la propreté marine de ce whisky tourbé qui caractérise les Taliskers et la tourbe de l’île de Skye utilisée. Elle laisse place à une dimension plus fruitée et délicate.

Le fini est toasté, très long, et réconcilie la fumée et la tourbe dans une note légèrement sucrée.

Rapport qualité-prix

En-dessous de la barre des 45€, aucun autre whisky tourbé n’offre une expérience gustative aussi propre et aussi intense. Pour ce prix, il s’agit nécessairement d’un 10 ans d’âge, mais c’est le meilleur moyen de découvrir le whisky tourbé sous une forme à la fois caractéristique et qualitative.

De plus, les Taliskers sont connus pour être déjà très riches lorsqu’ils sont jeunes, ce n’est pas forcément la peine de chercher des bouteilles plus vieilles – où, pour le coup, d’autres distilleries d’exception dévoilent leurs meilleures bouteilles.

Verdict

Le Talisker 10 ans d’âge est un whisky tourbé qui peut manquer de punch et de tourbe pour les amateurs, mais qui figure généralement en bonne place dans leur collection. Grâce à la propreté de son profil et à une tourbe distincte et riche, c’est un très bon moyen de découvrir l’univers de cet alcool.


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Talisker Skye – Le meilleur whisky tourbé de l’île de Skye

  • Prix abordable
  • Tourbe puissante
  • Recette originale
  • Pas toujours le plus équilibré

Le Talisker Skye, un single très malt apprécié de la distillerie écossaise légendaire, est à certains points de vue plus intéressant que le Talisker classique. Là où ce-dernier permet de découvrir le whisky tourbé grâce à son profil équilibré et caractéristique, le Talisker Skye est déjà un parti pris plus franc, moins consensuel, et une première exploration intrigante pour un prix tout à fait abordable.

La distillerie

La recette du Talisker Skye diffère de celle du Talisker classique. Si les malts et utilisés sont similaires, la méthode de vieillissement est toute autre. Le Talisker Skye est vieilli en fûts de chênes américains beaucoup plus toastés, et enrichi d’une tourbe plus fumée et plus puissante.

Un autre regard sur la recette originale du Talisker 10 ans d’âge qui peut donc plaire, surtout si l’on cherche un profil plus aiguisé, à la fois plus tourbé et plus doux, qu’offre ce whisky.

Nez et saveur

Au nez, le Talisker Skye déploie en effet des arômes plus sucrés, avec des notes prononcées de caramel amer et de vanille épicée, mais aussi de céréales. On détecte déjà la forte présence du miel, qui vient équilibrer des accents plus amers et marins qui ne sont pas sans rappeler celles du Caol Ila. La fumée, elle, se fait encore très discrète.

C’est sur le palais qu’elle va se révéler, sous des notes très contrastées de bois résineux, de pomme et de fraîcheur citronnée. Le tout est puissamment baigné d’une saveur de miel sombre et d’écume.

Il finit sur des notes plus sèches, épicées et fumées.

Rapport qualité-prix

À peine plus cher que le 10 ans d’âge, le Talisker Skye est un whisky tourbé très abordable avec un excellent rapport qualité-prix. Il est assez rare que l’on trouve des recettes originales, franches et aussi équilibrées dans cette tranche de prix, surtout avec une tourbe aussi claire et puissante qui fait toute la force d’un Talisker.

Verdict

Si le Talisker Skye est un peu moins consensuel et plus contrasté que les whiskies tourbés que l’on peut trouver en-dessous de 50€, c’est une première exploration qui a beaucoup de chance de plaire, notamment à un amateur qui voudrait élargir ses horizons sans aller dans des bouteilles trop coûteuses.


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Ardbeg 10 ans d’âge – Le meilleur whisky tourbé écossais 10 ans d’âge

  • Saveur intense
  • Tourbe puissante
  • Profil équilibré et complexe
  • Finition longue et moins délicate

Dans une tranche de prix similaire, une autre distillerie d’exception s’est fait une place chez les amateurs de whiskies tourbés : l’Ardbeg. Sensiblement plus fort en tourbe que le Talisker, ce whisky offre un profil puissant qui, s’il n’est pas forcément idéal pour découvrir cet univers gustatif, en repousse les limites tout en restant très équilibré.

La distillerie

Ardbeg est une des dernières distilleries encore en activité sur l’île d’Islay, sur la côté ouest écossaise, qu’elle partage avec des noms prestigieux comme Lavavulin et Laphroaig.

La recette traditionnelle de l’Ardbeg, a été conçue dans les plus vieux bâtiments d’Islay, à Port-Ellen, et elle est demeurée presque inchangée depuis 1835. Depuis 1997, la distillerie spécialisée dans le whisky tourbé connait une renaissance et décroche beaucoup de prix.

Ce whisky tourbé vieilli dix ans a d’ailleurs été récompensé plusieurs fois, notamment en 2008 où il a été nommé whisky de l’année – ce qui est rare pour un tourbé.

Nez et saveur

On remarque d’abord sa magnifique couleur doré foncé. Au nez, il déploie immédiatement une tourbe riche et intense, enrichie de fruits confits et de zeste de citron.
Sur le palais, la première impression est fraîche et contrastée, avec des aspects de menthol et de poivre noir. Dans le même temps, l’intense fumée et la tourbe caramélisée donnent presque des accents de bacon ou de poisson fumé.

La tourbe continue de se déployer sur les dernières notes, qui glissent vers les épices et le caramel, ou le café. La texture en bouche est extraordinairement huileuse et longue, presque beurrée.

Rapport qualité-prix

L’Ardbeg est un classique, et c’est clairement le meilleur whisky tourbé 10 ans d’âge dans cette tranche de prix. Pour offrir, ou pour découvrir le whisky tourbé sous un jour plus puissant et prononcé que le Talisker, il s’agit d’une valeur sûre.

Verdict

Ce whisky tourbé Old Islay est toujours aussi bon marché, toujours aussi apprécié et toujours aussi équilibré.


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Bruichladdich Port Charlotte – Le meilleur whisky tourbé original

  • Profil équilibré
  • Fini en fûts de vin français
  • Nouvelle recette originale
  • Pas le plus consensuel

La nouvelle gamme Port Charlotte marque une autre tendance de la distillerie légendaire Bruichladdich de repousser les limites du goût du whisky tourbé avec une démarche aventureuse et scientifique. Parmi les bouteilles, toujours très prisées, qui sortent de cette distillerie de l’île d’Islay, le Port Charlotte 10 ans d’âge est sans doute le plus classique mais aussi le plus équilibré dans cette gamme de prix.

La distillerie

Le Port Charlotte est un whisky tourbé de l’île d’Islay ; s’il est distillé sur place, ce n’est en revanche pas là qu’il est maturé – comme nous l’avons dit, seules trois distilleries continuent encore de concentrer toute leur production sur cette petite île écossaise.

Toute l’innovation dans la maturation du whisky tourbé consiste, chez Bruichladdich, à explorer différents fûts. Ainsi le Port Charlotte 10 ans d’âge a un parcours pour le moins original : d’abord dans des fûts de whiskey américain, puis dans des tonneaux de vins français. Un destin qui n’est pas sans rappeler celui du Guillon par exemple, et qui promet un profil aromatique très surprenant.

Si Bruichladdich est une distillerie ancienne et bien implantée – depuis 1881 – elle reconnaît un renouveau très intéressant sous l’impulsion d’une jeune équipe d’explorateurs du whisky tourbé. Le Port Charlotte en est un testament très intriguant !

Nez et saveur

Au nez, cette originalité saute au visage avec des notes contrastées de caramel beurre salé, de chocolat noir, mais aussi plus âcres de pelures d’orange brûlées, avec des accents très marins et salés avec une présence d’algue difficile à ignorer.

Sur le palais, c’est le chêne qui domine, intense, avec des notes marines toujours très présentes sous la tourbe. Mais l’ensemble s’adoucit rapidement, avec davantage de crème et une fraîcheur de raisin blanc, dans une texture toujours très sèche.

C’est sur la fin que les notes fumées se révèlent davantage, avec une finition extrêmement délicate qui tire sur une fraîcheur de gingembre.

Rapport qualité-prix

Ce que l’on récompense avec cette bouteille, c’est la recherche d’un renouveau et d’une évolution du savoir-faire. Si ce whisky tourbé reste abordable, il est un peu plus cher que la moyenne dans les 10 ans d’âge.

Verdict

Ce whisky tourbé sort d’une gamme originale et moderne, une nouvelle recette qui marque de l’innovation dans ce secteur. Le principal avantage ? Si un amateur de whisky tourbé ne sera pas surpris de recevoir un Lagavulin ou un Laphroig, le Port Charlotte est un bon moyen d’accompagner la découverte de nouvelles saveurs sans prendre trop de risques. C’est donc un bon cadeau pour un connaisseur.


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Lagavulin 16 ans d’âge – Le meilleur whisky tourbé toutes catégories

  • Recette immortelle
  • Tourbe puissante
  • Caractéristique et consensuel
  • Prix élevé

On arrive enfin au Lagavulin, indétrônable favori du whisky tourbé. C’est au bout de 16 ans de maturation qu’il déploie ses meilleurs arômes – même si certains amateurs lui préfèrent le 24 ans d’âge, sensiblement plus cher. Ce classique de milieu/haut de gamme a l’avantage d’être à la fois puissant, caractériel et très consensuel. Peu nombreux sont les amateurs de whisky tourbé qui boudent leur plaisir devant un Lagavulin. C’est à la fois le meilleur moyen de découvrir un archétype de whisky tourbé haut de gamme, et de faire plaisir à un amateur sans prendre de risques.

La distillerie

Lagavulin est une autre distillerie légendaire d’Islay. La recette originale de ce whisky tourbé d’exception date de 1816, mais on sait maintenant qu’il était déjà produit clandestinement en 1742, sinon plus tôt.

La distillerie est une spécialiste reconnue de la tourbe, dont la qualité et la manipulation sont au coeur de la saveur inimitable du Lagavulin.
Son processus de vieillissement est par ailleurs assez classique, puisqu’il subit une double maturation en fûts de sherry. On peut donc d’attendre à des notes de noix et à la légère sensation d’acidité commune avec les meilleurs crus d’Armagnac.

Nez et saveur

Au nez, le Lavagulin déploie du thé noir fermenté. C’est un bouquet puissant et intense, très concentré, qui comprend de l’iode puissante, des épices, du sherry et de la vanille. Le premier contact est stupéfiant.

Sur le palais, il ne perd rien de son épaisseur et de sa richesse qui contraste avec la recherche chez d’autres whiskies tourbés – comme le Port Charlotte – de plus de légèreté et de fraîcheur. Ici, on ouvre sur un goût de sherry puissant, équilibré par des notes plus douces et plus fruités, notamment celles de la vanille. Le tout est nimbé d’une tourbe d’une intensité et d’une propreté incroyable, qui renforce la sécheresse du chêne, présente tout du long.

Le fini est long et épicé, avec des notes plus légères de fruits confits comme des dates ou des figues, toujours cette présence de vanille très caractéristique, et une tourbe qui se transforme lentement en fumée claire.

L’expérience Lavagulin est old school, elle est riche et intense.

Rapport qualité-prix

Certes, ce whisky tourbé n’est pas le plus abordable, mais il vaut le coût. Vous pouvez vous laisser tenter par le Lagavulin 12 ans d’âge si vous avez un budget plus serré, mais on est forcé d’admettre que le 16 ans d’âge a une richesse et une intensité de saveur difficile à égaler.
C’est le meilleur rapport qualité-prix dans cette catégorie.

Verdict

Le Lagavulin 16 ans d’âge fait toujours plaisir à tous les coups, tant pour offrir que pour découvrir ce qui constitue le meilleur du whisky tourbé soi-même.


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Hakushu Distiller’s Reserve – Le meilleur whisky tourbé japonais

  • Frais et équilibré
  • Original de bout en bout
  • Superbe bouteille
  • Tourbe peu puissante

The Hakushu Distiller’s Reserve est un whisky tourbé original, un single malt japonais distillé et maturé au pied du mont Kaikoma, dans la préfecture de Yamanashi. Dans un univers gustatif tout à fait différent de celui des whiskies tourbés écossais, cette bouteille saura faire plaisir aux amateurs d’alcools japonais comme à ceux qui cherchent les approches les plus originales de la saveur tourbée.

La distillerie

La distillerie Hakushu, qui date de 1923, est très intéressante pour s’être approchée des techniques de whisky tourbé écossaises en leur donnant un twist local. Il a fallu inventer de nouvelles méthodes, rechercher les terres pour créer un nouveau pôle du whisky tourbé en Asie.

Pour cela, il fallait bien un expert, Keizo Saji, master blender de The Hakushu, qui pilote depuis plusieurs décennies la production de cette distillerie de renom au Japon. Il en sort un whisky tourbé très original, qui sera plus familier aux amateurs confirmés du whisky japonais, dans lequel ils reconnaîtront ces caractéristiques d’un alcool d’altitude.

Nez et saveur

Dès le nez, on devine que ce whisky tourbé va être différent de ce que l’on connaît chez les whiskies écossais. Il s’ouvre sur des notes herbales puissantes, comme l’herbe coupée, le pin, la menthe poivrée, et quelque chose de plus fruité comme le concombre ou le melon vert.

Sur le palais, on trouve ce même équilibre frais. Les mêmes notes se retrouvent, très propres et réhaussées d’éléments d’agrume, de zeste et de menthe sucrée. La tourbe, elle, se fait extrêmement discrète. Elle voyage entre la menthe poivrée et les saveurs plus résineuses tapies sous la fraîcheur.

C’est dans les dernières notes que l’on détecte une vague délicate de fumée, qui s’évapore vite.

Rapport qualité-prix

La rareté se paie : le Hakushu Distiller’s Reserve est un des très rares whiskies tourbés japonais. Les amateurs reconnaîtront que le bon whisky japonais coûte sensiblement plus cher que les bouteilles écossaises ou irlandaises ; a fortiori lorsqu’il s’agit d’une production originale en petites quantités comme celle-ci.

Verdict

Avec cette bouteille, vous pouvez surprendre un amateur de whisky tourbé en lui faisant découvrir ses accents japonais ; à un amateur de whisky japonais en lui faisant découvrir sa tourbe subtile et très consensuelle. C’est un twist intéressant, et surtout, un whisky tourbé d’exception qui brille par sa délicatesse et son équilibre. Ce n’est cependant pas chez lui que la tourbe est la plus présente.


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Bowmore 18 ans d’âge – Le meilleur whisky peu tourbé haut de gamme

  • Très équilibré
  • Tourbe subtile mais présente
  • Très consensuel
  • Prix un peu élevé

Bowmore est une distillerie très connue, que l’on recommande souvent pour découvrir le whisky tourbé : parce que, comme le Lagavulin, il s’agit d’un grand classique très équilibré, très consensuel. Mais à l’inverse du Lagavulin, son profil aromatique n’est pas tout entier tourné vers la tourbe, ce qui le rend plus abordable à un palais peu habitué.

La distillerie

La distillerie Bowmore se situe sur l’île d’Islay, dans le village du même nom sur les rives du Loch Indaal – sur la côte ouest de l’île, donc encore davantage exposée aux vents et aux éléments.

Généralement, les whiskies Bowmore sont peu tourbés, mais témoignent d’un grand savoir-faire et déploient des saveurs puissantes et très caractéristiques.

Nez et saveur

Le nez est puissant, dominé par l’âcreté. On y détecte des fruits confits, et des saveurs plus sèches comme le bois mouillé. La fumée est déjà puissante et présente.
Sur le palais, le Bowmore est d’abord très fort en alcool. Mais ce whisky tourbé laisse rapidement la place au fruit, comme la prune, un peu acidulé et tirant vers de plus en plus de douceur. C’est là que l’on détecte des notes de raisin sec et de peau de raisin blanc.

C’est sur la finition que se déploie une tourbe noire, légère et fleurie, presque printanière, qui se termine sur une délicate note de fumée.
Le profil aromatique de ce whisky tourbé insiste donc davantage sur le sherry et les fûts de vin dans lesquels il a vieilli, tandis que la tourbe se fait discrète. Plus proche à ce titre des whiskies écossais du continent, son aspect tourbé discret le rendra plus consensuel pour les curieux qui ne sont pas sûrs d’aimer cette saveur caractéristique.

Rapport qualité-prix

Le nouveau single malt de Bowmore, 18 ans d’âge, est relativement récent – il n’est vendu que depuis 2007 – mais il rafle déjà de nombreux prix. Certains disent même qu’il s’agit du meilleur whisky tourbé Bowmore et qu’il contribue grandement au renouveau de la distillerie.

Malgré tout, on peut noter que son prix est un peu élevé par rapport à d’autres whiskies tourbés aussi réputés dans cette gamme de prix. Pour ce prix, Lagavulin propose un 24 ans d’âge, non moins prestigieux.

Verdict

Le Bowmore 18 ans d’âge est un whisky tourbé délicat, consensuel et résolument haut de gamme dans l’originalité et l’équilibre de son profil. Il pourra enrichir la collection d’un amateur de whisky qui apprécie la tourbe avec modération, mais qui a un penchant certain pour le whisky écossais dans son ensemble.


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Caol Ila Islay 18 ans d’âge – Le meilleur whisky d’Islay haut de gamme

  • Très équilibré
  • Saveurs boisées intenses
  • Très consensuel
  • Pas le plus original

Dans la catégorie haut de gamme, on trouve un autre whisky tourbé incontournable qui, une fois n’est pas coutume, est élaboré sur l’île d’Islay. Très équilibré, légèrement tourbé, son profil est surtout tourné vers la richesse du bois, ce qui le rend très prisé chez les amateurs qui cherchent, dans le whisky écossais, ce type d’expression.

La distillerie

Dans cette gamme de prix, ce sont beaucoup les whiskies tourbés d’Islay que l’on voit, et parmi les bouteilles et les distilleries les plus prestigieuses. Le Caol Ila est caractérisé par une forme de raffinement, avec une tourbe légère, souvent iodée sans être aussi salée et puissante que le Talisker. C’est un single malt renommé et résolument haut de gamme.

Nez et saveur

Le Caol Ila, au nez, est aromatique et sombre, avec des aspects crémeux et végétaux. Le bois est encore vivant, avec des notes d’écorce, de mousse et d’herbe sombre.
Sur le palais on retrouve cet aspect végétal et boisé, légèrement doux. Il tire progressivement sur un chêne puissant, enrichi de la saveur incroyablement propre du malt toasté qui lui confère une texture très huileuse et veloutée. Un nuage de fumée accompagne l’ensemble, sur une tourbe très discrète.

La finition reprend ces notes de tourbe, avec les derniers accents d’herbes aromatiques, de bois et d’huile de noix.

Rapport qualité-prix

Ce 18 ans d’âge est certes un peu coûteux, mais c’est tant l’âge que le lieu de production qui se paie. Un Islay haut de gamme peut revenir beaucoup plus cher que la moyenne, et le prix se justifie un peu mieux que pour le Bowmore, dont le profil est moins caractéristique.

Le Caol Ila est plus tourbé, plus puissant et plus recherché.

Verdict

Dans cette gamme de prix, le Caol Ila est un whisky tourbé incontournable, un classique. C’est sans doute le meilleur cadeau pour un amateur de whisky tourbé d’Islay autour de 100€ – et c’est aussi une distillerie un peu moins connue en France qui aura des chances de surprendre !


Guide d’achat : comment bien choisir un whisky tourbé ?

Dans le domaine des alcools de prestige, comme le whisky tourbé, il est difficile de conseiller précisément une bouteille, ou de désigner une distillerie comme « la meilleure » sans se donner un rôle que l’on a pas. On peut cependant lever un peu la magie qui entoure le whisky tourbé et vous permettre de mieux comprendre comment le choisir et ce qui influence sa saveur.

La tourbe

La tourbe est un composé organique partiellement décomposé que l’on trouve sous terre. C’est une combinaison d’humus et de matière végétale qui s’est compressé, avec le temps, en une sorte d’argile épaisse, en lente transition vers l’état de charbon.

La tourbe est un élément caractéristique du paysage écossais, qui était avant tout utilisé comme un combustible de chauffage lent et relativement peu efficient. Sa particularité : en brûlant, elle dégage une fumée épaisse et très aromatique. L’Écosse étant un des premiers producteurs de whisky au monde, l’invention du whisky tourbé était une fatalité.

Après avoir humidifié l’orge pour qu’il germe – et ouvre ainsi sa graine – on le fait sécher rapidement pour stopper sa progression et conserver un maximum de sucre. Dans le cas du whisky tourbé, la source de chaleur est un feu de tourbe, dont la fumée épaisse et aromatique sera absorbée par le malt.

Intensité du goût tourbé

L’intensité du goût tourbé peut se mesurer en ppm, soit particules per million. Cette donnée permet de mesurer avec plus ou moins de précision les niveaux de phénols dans le malt – ces composés chimiques comme le guaiacol, qui donne donne le goût fumé.

Dans le cas spécifique des distilleries d’Islay, le Bowmore est généralement situé autour de 25ppm – nous l’avons dit, sa tourbe est plutôt douce. Mais le Port Charlotte atteint 40ppm, le Lagavulin et le Caol Ila 35ppm, et certaines bouteilles qui repoussent les limites du whisky tourbé, comme l’Octomore, peuvent dépasser les 50ppm !

Si nous pouvons donner un conseil aux novices qui voudraient découvrir cet univers gustatif : ne donnez pas trop d’importance à ces chiffres et faites confiance à votre palais. Trop de facteurs entrent en jeu dans la fabrication du whisky tourbé pour qu’on puisse le résumer à cela.


FAQ : on répond aux questions que vous vous posez sur le whisky tourbé

Qu’est-ce qui rend un whisky tourbé ?

C’est l’introduction de la tourbe, une terre riche en débris végétaux décomposés, que l’on fait brûler au moment de sécher le malt d’orge, qui donne ensuite au whisky tourbé sa saveur si caractéristique.

Le fût d’un whisky tourbé est-il toujours brûlé ?

Le fût de certains whiskies tourbés est effectivement brûlé, mais cela n’a aucune influence sur le goût. Le bois carbonisé joue un rôle de purificateur et facilite l’oxygénation contrôlée des eaux de vie, mais contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’est pas le fût qui donne au whisky tourbé son goût fumé.

Quelle est la différence entre la tourbe et la fumée ?

Deux saveurs distinctes coexistent dans certains whiskies tourbés. Certains sont très tourbés et peu fumés, d’autres l’inverse. La tourbe est caractérisé par un goût plus terreux, plus végétal qui rappelle le charbon gras, le grésil. C’est une saveur que l’on associe à des textures huileuses.

D’un autre côté, la fumée est plus sèche et boisée. Dans les meilleurs whiskies tourbés, les deux saveurs coexistent et se répondent.

Quelles sont les meilleures distilleries de whisky tourbé ?

La grande majorité des distilleries de whisky tourbé les plus prestigieuses se trouvent sur les îles au large de la côte ouest de l’Écosse : Lagavulin, Caol Ila, Bowmore ou Ardbeg se trouvent toutes sur l’île d’Islay, une des plus connues pour sa tourbe d’une qualité et d’une puissance exceptionnelle.

On peut aussi citer l’île du Jura, dont la distillerie du même nom produit un whisky tourbé très correct.

Traditionnellement, les distilleries produisant le meilleur whisky tourbé ont, d’une manière ou d’une autre, contribué il y a 150 ou 200 ans à l’élaboration des recettes originelles, même si de nouveaux arrivants sur le marché se font aujourd’hui remarquer avec des approches moins traditionnelles.

Les vieux whiskies tourbés sont-ils les meilleurs ?

Le whisky est un des alcools où l’âge contribue grandement à la qualité. Attention cependant, on parle du temps passé en fûts et non en bouteille : il ne faut pas mettre trop d’espoir dans une très vieille bouteille trouvée chez un proche, l’alcool a au contraire tendance à tourner en quelques décennies une fois sorti de son fût.
Cependant, cela n’est pas spécifique au whisky tourbé. Les saveurs de tourbes ont tendance à rester relativement fixes, et ce sont les autres arômes qui vont se déployer à mesure que le whisky va gagner en âge.

Tous les whiskies tourbés sont-ils écossais ?

Si les premiers whiskies tourbés étaient effectivement produits en Ecosse – et continuent de l’être – on peut citer quelques exceptions. Le Guillon, par exemple, est un (quasi) whisky tourbé français. Le Hakushu, lui, est produit au Japon. Et au Texas, certaines distilleries sont parvenues à reproduire le parfum très distinct de la tourbe et de l’intégrer à des bourbons ou de whiskey américain !

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